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  • : Yvanne
  • un-an-a-mongo
  • : 18/12/1985

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Lundi 1 octobre 2007

Découverte de la communauté : Le chauffeur nous dépose à la communauté des sœurs où nous retrouvons Anne-Laurence, Claire et Magali (une jeune sœur française qui reste avec nous jusqu’à début octobre). La maison me plaît tout de suite. On passe un grand portail qui débouche dans une cour où pour l’instant des belles fleurs poussent, il y a un corps de bâtiment où se trouvent 6 chambres en enfilade dont la mienne et en face un autre où se trouvent la cuisine et la salle à manger. Il y a aussi un autre bâtiment avec quelques pièces pour le rangement ou pour des invités, et la chapelle. La communauté communique directement avec l’internat des filles par une porte. L’internat est en fait organisé en deux parties : un bâtiment pour les « petites » de la 6e à la 4e et un pour les « grandes » de la 3e à la Terminale, plus des salles de classe pour le soutien scolaire, et le bureau.

Ma chambre est très agréable, avec de l’espace, un lit où j’ai accroché une moustiquaire, une armoire, un bureau, des meubles de rangement et un petit coin douche. Je me suis bien installée et je m’y sens bien.

Concernant les aspects pratiques, l’eau distribuée par la ville est coupée dans la journée donc nous avons tout un système de fûts et de jarres que nous remplissons aux heures où il y a de l’eau : vers 5h-5h30 du matin (avant je ne sais pas, je ne suis jamais levée ! mais en général à 6h ça ne coule plus) puis de 18h à 20h45 environ, les robinets coulent à nouveau… Mais les sœurs m’ont dit que pour l’instant avec la saison des pluies il n’y a pas de problèmes d’eau ; au fil de l’année quand les réserves d’eau deviendront plus rares, les horaires diminueront. La douche avec un seau et une écuelle m’a paru rudimentaire au début, mais je m’y suis faite rapidement, et finalement j’apprécie beaucoup la situation ; on se rend réellement compte que l’eau est précieuse : il faut s’organiser, transvaser, anticiper et ne pas la gaspiller. Et profiter des heures où ça coule pour se doucher !! Quelle joie quand j’allume et que j’entends l’eau monter dans les tuyaux

De même, on n’a pas de frigo à la communauté car le frigo à pétrole que les sœurs avaient l’année dernière a pris feu. Je découvre qu’en s’organisant on peut très bien vivre sans frigo tout en mangeant de tout !

Et par contre on a l’électricité grâce à des panneaux solaires donc pour moi c’est l’essentiel : je peux lire le soir, ou préparer les cours du lendemain. Dans nos chambres, c’est du 12V, donc pas possible de brancher ordi ou chargeur de piles mais il y a une prise dans la communauté avec transformateur pour le 220V.

 

Découverte de Mongo : A la toute première entrée dans Mongo, je réalise que je n’avais pas du tout imaginé la ville comme ça et que si la route goudronnée s’arrête à Bokoro, c’est qu’ensuite il n’y a plus de bitume, même dans Mongo. Les rues sont en terre battues et beaucoup sont très abîmées par les pluies récentes. Les premiers jours les détritus qui s’y trouvent me frappent beaucoup.

Les premiers jours aussi j’accompagne une ou deux fois Jaffi, notre cuisinier, au marché. Au début, c’est encore plus un choc qu’à N’Djamena : les gens ici me semblent vraiment pauvres et beaucoup d’enfants sont sales. Dans une sorte de halle couverte, Jaffi m’emmène acheter la viande. L’odeur m’est difficile à supporter, la foule de gens qui est là, les mouches volant partout… avec la chaleur en plus, je ne me sens pas très bien. A l’extérieur et sur un espace important, les femmes vendent assises sur des nattes sur le sol divers aliments sous des sortes de branchages qui les protègent du soleil (on appelle ça les sekos). Une image me marque : à un endroit, un bébé assis au milieu de femmes qui vendent des abats de viande assaillis par les mouches dans des écuelles suce un bout de boyau de cette viande.

Je pense que c’est inévitable d’être très marqué par cette pauvreté à l’arrivée ; ce qu’on voit dans les rues est tellement aux antipodes de ce à quoi j’étais habituée. Maintenant, ça fait plus de deux semaines que je suis arrivée et je vois les choses autrement. Au marché, je serre la main des enfants qui viennent dire bonjour, je vois les couleurs, des habits des femmes, des épices et je regarde les sourires.

Sinon, le matin de mon tout premier dimanche, on s’est levées à 5h pour partir marcher et voir le soleil levant dans la campagne et sur les montagnes. Une marche magnifique de presque 2 heures avec Magali, Anne-Laurence et Annick. Les paysages sont vraiment beaux autour de Mongo.

 

Découverte de la Préfecture Apostolique de Mongo : Claire m’a aussi montré les bâtiments de la Préfecture Apostolique. Pour certains, le terme doit paraître un peu barbare, mais ça veut seulement dire « pré-diocèse », c’est-à-dire que le « Préfet apostolique » est un peu comme un évêque mais toute cette organisation est récente. Avant, Mongo, le Guéra et une grande partie du pays dépendait directement du diocèse de N’Djamena. Maintenant, ce qu’on appelle les « paroisses de la dispersion », dans toute la zone nord-est du Tchad dépendent de Mongo. Leur nom vient du fait qu’il y a très peu de chrétiens dans cette partie du pays. A Mongo même, les musulmans sont en très large majorité. D’ailleurs, comme c’est le Ramadan, on entend les enfants chanter et frapper dans des casseroles en passant dans les rues vers 3 ou 4h du matin pour réveiller les gens et qu’ils mangent avant le début du jeûne au lever du soleil.

Depuis, j’ai aussi été invitée à déjeuner et dîner à la Préfecture Apostolique donc j’ai pu faire connaissance avec tout le personnel : l’évêque Henri Coudray bien sûr, que j’apprécie déjà beaucoup, mais aussi les prêtres tchadiens des villages environnants qui logent à la Préfecture, le vicaire italien, et également Anne-France, secrétaire de l’évêque, une belge venue elle aussi avec la DCC, Lydia, une égyptienne qui s’occupe de l’éducation et la pédagogie etc…

La paroisse de Mongo, elle, est tenue par un prêtre péruvien, Alfredo. Il est jésuite et loge à côté de l’Eglise avec des frères jésuites tchadiens et trois scolastiques jésuites (des jeunes qui se préparent à être jésuites) très sympas : Cyrille, camerounais, Clément, ivoirien et Juan-Carlos, péruvien. Dimanche midi nous étions invitées à déjeuner là encore et l’ambiance est vraiment très sympa !

 

Découverte des filles de l’internat : le dimanche 17, les premières filles sont arrivées. On a d’abord fait venir les 6e et les 5e seulement pour bien les mettre à niveau avant la rentrée. Dès le lundi j’ai commencé le soutien. Les 6e sont 9 pour l’instant, il en manque une qui n’est toujours pas arrivée. Les 5e sont 4 mais les cours se font avec les garçons 5e de l’internat tenu par les jésuites. Et je ne m’ennuie pas (pour ne pas dire que je bosse beaucoup !) car la tchadienne qui devait faire le soutien en français et en anglais, Damré, a accouché juste le week-end avant que ça commence ! Nous sommes allées la voir avec Claire, dans la case de la concession de leur famille. Elle a accouché dans la nuit chez elle, mais heureusement une sage-femme était à proximité et a pu venir l’aider. Damré était à demi-allongée sur une natte et on n’a pas pu voir le bébé car il dormait recouvert de langes. Nous ne sommes pas restées longtemps mais on s’est assises sur la natte nous aussi et on a pris la bouillie offerte.

Mon emploi du temps des deux dernières semaines c’était donc : 7h30 à 9h30 : cours de français, 10h à 11h30 ou 12h : cours de maths, un matin pour les filles de 6e, un matin pour les filles et garçons de 5e, du lundi au samedi. Ensuite, du lundi au vendredi, je suis en étude de 15h à 17h pour les filles de 6e et 5e au foyer, sauf le mardi et le jeudi où c’était cours d’anglais. Puis étude encore de 19h30 à 20h30. Et maintenant, plus de problèmes du tout pour m’endormir dès 21h

Mais ça se passe très bien, les 6e sont petites donc encore timides même si elles prennent vite de l’assurance ! Et les 5e travaillent bien. Le problème c’est que les enfants ici n’apprennent pas à apprendre. La plupart du temps, les classes à l’école primaire comme au collège-lycée sont surchargées, les profs ne vérifient pas que les élèves ont appris leur cours, et ne donnent quasiment jamais d’exercices à faire à la maison…

Cette année, la rentrée a été annoncée pour le 1er octobre mais c’est plus tôt que d’habitude, le Ramadan n’est pas terminé, les récoltes n’ont pas commencé, la plupart des profs ne sont même pas encore là et certains n’ont pas encore reçu leur salaire pour août donc la grève n’est pas exclue… Mais on a quand même fait venir les « grandes » dimanche, et à l’internat des garçons ils ont fait pareil. Ce qui fait qu’on s’organise pour le soutien et pour boucher les nombreux trous des cours au lycée (qui s’appelle lycée mais couvre en fait l’enseignement de la 6e à la Terminale) jusqu’à ce qu’il y ait un rythme normal…

Donc maintenant, je fais cours de français de 7h30 à 9h30 pour les 5e filles-garçons, puis 10h-11h30 pour les 2ndes, 1ères et Terminales. Plus étude l’après-midi et le soir toujours.

Mais le système éducatif au Tchad et l’enseignement mériteront une rubrique à eux-seuls plus tard…

 

Enfin, découverte de la boule ! : Le fameux plat dont j’avais tant entendu parler n’est plus un mystère. C’est l’avantage de vivre avec deux tchadiennes. J’ai déjà pu y goûter une dizaine de fois, y compris vraiment « à la tchadienne » : sur une natte, avec la boule et la sauce au centre sur un plateau, les gens assis en cercle autour se servent avec la main droite en faisant des petites boulettes avec leurs doigts, qu’ils trempent ensuite dans la sauce ! La farine pour la boule c’est le plus souvent le mil, blanc ou rouge, et concernant les sauces, il y en a toute une variété. Dans les familles tchadiennes, on mange la boule tous les jours.

Par Yvanne
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Lundi 1 octobre 2007

Départ le jeudi 13 septembre de N’Djamena pour Mongo !

Nous sommes partis à 7h30 et arrivés à 14h30 mais je n’ai pas du tout trouvé le temps long, et ouvert grands mes yeux pour observer les gens et les villages croisés et admirer des paysages magnifiques, avec de la verdure sur tout le trajet grâce à la saison des pluies qui s’achève.

Le voyage a commencé par les aux revoirs aux sœurs qui restent à N’Djamena et avec qui j’avais déjà passé des bons moments. La voiture vient chercher Annick et moi à 7h. C’est un gros 4x4 Toyota (pour ceux qui me connaissent bien, si je ne supporte pas de voir ces horribles machines polluantes sur nos lisses routes goudronnées françaises, je ne peux pas nier leur utilité au Tchad !) et très représentatif de tous les véhicules ici : il est bien (sur!)chargé. Je m’installe à côté d’Annie, infirmière dans la région de Mongo, volontaire par la DCC elle aussi depuis l’année dernière, à l’avant à droite du chauffeur. Sur la banquette arrière : Annick, une autre femme plus un tchadien (énorme !) qui vient nous installer des panneaux solaires là où je vais loger à Mongo. L’arrière de la voiture, grand espace un peu remorque et qui sert de coffre est rempli de bagages couverts d’une bâche et par dessus, deux jeunes s’installent. Ils ont fait le voyage comme ça, sous le soleil et en avalant la poussière soulevée par la voiture sur la piste.

C’est le premier jour du Ramadan nous indique le chauffeur qui est musulman ; j’avoue qu’au premier abord, je ne suis pas totalement rassurée par le fait qu’il n’ait ni bu ni mangé depuis au moins 2h et qu’il ne le fera pas du voyage ! En revanche, ce chauffeur travaille à la mission catholique de Mongo et je trouve ce mélange religieux super !

Déjà en France, les personnes qui font le Ramadan m’ont toujours impressionnées mais à plus forte raison ici, je me demande comment font les musulmans pour ne pas boire par une chaleur pareille.

Avec Annie nous discutons beaucoup ; comme elle se tient au courant par des revues médicales et Médecins du Monde, elle m’apprend qu’un traitement efficace et peu coûteux a été trouvé contre le paludisme (actuellement aucun vaccin n’existe, il faut prendre des comprimés en prévention, quand on a de l’argent…). Mais il n’est pas commercialisé car les firmes qui vendent actuellement les divers médicaments préventifs et également des curatifs s’y opposent puisqu’elles perdraient énormément d’argent. 2 millions de personnes meurent du paludisme chaque année dans le monde. Une sorte de palu sur les quatre qui existent est mortelle mais les trois autres affaiblissent également beaucoup l’organisme et l’exposent donc aux nombreuses infections qui rôdent. Je crois que mon mépris et mon dégoût pour les grosses firmes pharmaceutiques et leur recherche du profit au détriment de vies humaines ne va malheureusement pas diminuer cette année.

On traverse des villages et régulièrement ce sont seulement quelques cases qu’on aperçoit à proximité de la route. Les gens nous regardent tous passer. Il y a des enfants, à pied, sur des ânes ou menant des ânes très chargés, ou bien on en voit en groupes à se baigner nus dans des mares.

Dans la plupart des villages, il y a une antenne-pilône d’une des deux compagnies de téléphonie mobile qui existent au Tchad. Quasiment tout le monde ici a un portable.

On croise aussi beaucoup d’animaux : troupeaux de bœufs, zébus, chevaux, ânes, chèvres mais aussi des oiseaux superbes : pics-bœufs blancs, cigognes noires, marabouts, et des oiseaux que je n’ai même jamais vu dans les livres, aux couleurs très vives : rouge, bleu turquoise, bleu un peu métallique…

Je vois des champs de mil, très nombreux. C’est bientôt la saison des récoltes et il faudra ensuite tenir toute l’année avec les cultures stockées. Presque toutes les familles ont un champ de mil et un champ d’arachides, mais les gens cultivent aussi du blé, de la salade, des concombres, des patates douces, du sésame…

La route est goudronnée jusqu’à Bokoro, avec des péages réguliers ; ensuite c’est la piste mais des gros camions l’aplanissent et je m’attendais à pire ! Certains endroits sont quand même défoncés à cause des pluies.

Soudain, sur cette piste de terre ocre, en plus du bleu du ciel et du vert du paysage, nous découvrons avec plaisir les premières collines du Guéra (la province où se trouve Mongo). Peu de temps avant d’arriver, on voit enfin la « Reine du Guéra » : plusieurs montagnes alignées dessinent la forme d’une femme géante assoupie. On reconnaît bien la tête avec le creux des yeux, le nez, la bouche, puis le cou, la poitrine, le ventre avec les mains posées dessus, et les jambes.

Crevaison vite réparée (si près du but !) et ça y est, la voiture dépasse le panneau de signalisation indiquant « Mongo »… !

 

Par Yvanne
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Mercredi 12 septembre 2007
     Mardi (hier), j'ai vécu un moment très particulier: la messe et l'enterrement d'une jeune fille de la paroisse, "Foca", très active à la chorale et dans le groupe liturgique. Elle avait environ 20 ans et venait de commencer des études d'infirmerie. Les sœurs n'ont pas vraiment su ce qu'elle a eu mais elle était malade depuis 2 semaines. Elle est allée au bout d'un moment dans un centre se faire soigner. Comme ce n'était pas suffisant, elle est allée à l'hôpital central mais après une nuit, ses parents l'en ont retiré parce que c'était trop cher. 
     C'est Françoise, une autre des sœurs, que j'accompagne. On discute de sujets un peu divers et elle me dit notamment qu'elle a travaillé au Rwanda 20 ans avant le génocide, comme infirmière et sage-femme à l'époque: "j'ai fait naître beaucoup des combattants"… Elle m'explique aussi que dans l'ethnie dont venait Foca, il y a des rites d'initiation très durs: les jeunes filles doivent marcher nues entre deux rangées de femmes qui les battent avec des branches pleines d'épines. Le but est de les endurcir et de leur apprendre à se taire et accepter si leurs maris les battent plus tard. 
     Une foule de gens est présente pour la messe d'enterrement, presque autant que dimanche. C'est très émouvant, surtout quand les autres étudiants en infirmerie arrivent avec le camion qui transporte le corps et font comme une haie d'honneur des deux côtés de l'allée centrale dans l'Eglise. Le cercueil est porté au milieu d'eux jusqu'à l'autel et les prêtres qui la connaissaient bien sont visiblement émus ; leurs paroles sont très belles durant tout l'office. Il y a beaucoup de chants, très rythmé et les gens participent. 
    Ensuite, nous reprenons la voiture avec Françoise, plus Cécile (une sœur aussi avec qui je vis depuis samedi, tchadienne et très vivante, qui était venue à la messe à pied), plus deux jeunes femmes de la paroisse qui connaissaient bien Foca aussi. Françoise conduit, une des femmes est assise à l'avant, je me retrouve entre Cécile et l'autre femme à l'arrière, et nous suivons tout le cortège de très nombreuses voitures, motos et mini-bus loués pour se rendre au cimetière. C'est très impressionnant, surtout que les 3 tchadiennes commencent à entonner des chants religieux dans la voiture pour accompagner le corps. J'essaie de suivre sur le carnet de chants, par exemple "Ce n'est qu'un au revoir mes frères; Tous ceux que nous pleurons, Bientôt dans la maison du Père, Nous les retrouverons"; elles sont tristes mais chantent très fort, et je trouve le geste magnifique. 
     Nous arrivons tous au cimetière, sur une grande étendue plane avec des monticules surmontés de petits écriteaux "ici repose…., né vers/en… et décédé le….. à n'djamena". Comme il a plu durant l'été, il y a de la verdure un peu partout entre les tombes. Il est 14h30-15h et nous sommes en plein soleil mais tout le monde reste debout, plusieurs centaines de personnes en cercle autour des hommes qui creusent le trou où l'on dépose le cercueil. Il y a des prières et les femmes chantent en continu mais quand la terre commence à être remise sur le cercueil, beaucoup se reculent, s'agenouillent et fondent en sanglots. Elles pleurent et gémissent. Je suis très émue d'assister à tout cela et de voir la douleur des gens. Les chants continuent malgré tout et une fois que toute la terre est remise en formant un nouveau monticule, une tombe de plus, quelques personnes dansent autour puis tout le monde repart. 
     Nous n'y allons pas mais la plupart des gens se dirigent maintenant à nouveau vers la "place mortuaire". C'est un lieu de recueillement où après chaque mort, on met une photo de la personne, et les gens viennent pleurer et dire leurs condoléances aux proches, dès le décès puis encore plusieurs heures après l'enterrement. 

     Aujourd'hui, mercredi, j'ai demandé à Akané de l'accompagner à son travail, au Centre Catholique Universitaire (CCU) de N'Djamena, où elle s'occupe avec des tchadiens de la bibliothèque jusqu'à 15h tous les jours. 
     Nous prenons le bus et je suis ravie à l'avance de cette expérience! Heureusement, nous partons à 7h30 et il ne fait pas encore trop chaud mais j'imagine le four que ça doit être à 14h ou 15h! Ce sont des mini-bus avec, en plus de celle du conducteur, 3 banquettes où nous mettrions en France 2 ou 3 personnes dans chacune. Mais ici ce sont entre 20 et 22 personnes qui s'entassent, faites le calcul!! Il n'y a pas de station; quand on veut monter on fait signe sur le bord de la route et pour descendre il faut dire "hé stop" au chauffeur. A l'intérieur les gens sont silencieux; il n'y a pas de conversations, à part la mienne avec Akané. 
     Elle m'explique qu'à N'Djamena, les étudiants à l'université reçoivent des bourses pour faire leurs études. Cependant, parfois elles ne sont pas versées alors il existe des grèves d'étudiants, qui s'ajoutent à celles des professeurs qui protestent contre le non-versement de leur salaire depuis plusieurs semaines/mois ou bien qui veulent une augmentation. 
     Elle me fait visiter le CCU, un endroit très calme où des étudiants viennent en dehors des cours pour travailler et consulter des manuels, bien classés et plastifiés. Beaucoup des collègues d'Akané ou d'étudiants nous saluent; ils sont très sympas. Je discute notamment avec Jospin (oui oui!) qui étudie la gestion en 1e année. Les études durent 4 ans…normalement car il y a beaucoup d'années "blanches" où aucun examen n'est passé à cause des grèves des professeurs, comme dernièrement d'avril à juillet. Ca rallonge beaucoup la durée des études, un temps durant lequel les étudiants ne peuvent pas travailler. C'est aussi ce que m'expliquent deux jeunes filles avec qui je m'asseois autour d'un thé à la "cafétéria-buvette" du centre. C'est très intéressant; nous commençons à parler de la vie des étudiants au Tchad pour passer à la condition plus particulière des femmes. L'une d'elles surtout m'impressionne beaucoup, par son intelligence, son analyse mais aussi sa persévérance. Elle me raconte son parcours qui illustre bien son propos: rien n'est fait pour encourager les filles pour les études supérieures. Il y a des initiatives (de "promotion féminine") pour le primaire et le secondaire aussi un peu, mais ça devrait se poursuivre car pour l'instant elles n'ont aucun soutien et c'est très dur. Elles ne sont d'ailleurs qu'une minorité sur les bancs de l'université. L'étudiante continue: certaines filles se marient pour que l'époux finance un peu mais il ne le fait pas toujours et comme elles doivent s'occuper des enfants, ce n'est plus possible de continuer les études, ou bien les enfants traînent dans les rues pendant qu'elles sont en cours et tournent mal. Elle a une voix déterminée et me dit que c'est pourtant bien la solution pour se développer; qu'éduquer une femme c'est éduquer toute une famille et plus loin toute une nation. Que la femme sait bien utiliser l'argent pour que ça profite aux enfants; je lui dis que c'est exactement sur cette conviction que Mohammed Yunus a axé son idée de micro-crédit, qu'il a orienté en priorité vers les femmes. Je me rappelle ses mots dans une conférence à laquelle j'avais assisté : il expliquait que les femmes refusaient parfois au début que les prêts soient entre leurs mains mais qu'il avait insisté en étant convaincu que si elles disent cela, c'est qu'elles ont intériorisé ce qu'on leur répète depuis des lustres: qu'elles sont inférieures. Comment fait cette fille que j'ai en face de moi pour ne pas avoir elle aussi été découragée par ce discours, et avoir réfléchi sur tout ça dans le contexte où elle vit?! En me rapprochant je lui dis plus bas la blague que j'aime bien sur la création de l'homme avant la femme: c'est que pour tout chef-d'œuvre il faut un brouillon; elle rit! En partant, je lui dis que je partage tout à fait ses idées mais que j'admire sa force car dans son contexte je n'aurai peut-être pas le courage de les garder, de les revendiquer, ou tout simplement de continuer à étudier et espérer un travail ensuite. 
     Françoise me récupère à 9h30 en voiture sur le bord de la route à proximité du CCU. Elle ajoute à ce qui m'a été dit que souvent, les étudiantes à l'université ont le SIDA car certains profs exigent qu'elles couchent avec eux pour avoir leurs examens… 
     Nous allons au marché, comme lundi mais cette fois plus longtemps, et en s'enfonçant plus dans le marché, là où on trouve les légumes et les fruits. C'est assez difficile à décrire, tant c'est dense, plutôt chaotique et on voit un manque d'hygiène criant. La viande en particulier est complètement assaillie de mouches, et laissée sur les étalages au soleil… Des enfants mendient, vendent quelques marchandises ou se proposent de garder la voiture. Des femmes sont assises par terre à vendre différents produits et il y a aussi des stands comme j'ai déjà décrit avec plutôt des hommes qui les tiennent. Au milieu des chemins il y a des détritus. Je n'ai pas envie de décrire uniquement du négatif (car il n'y a pas que cela!), ni porter des jugements ou qualifier tel ou tel de pauvre alors même que je viens d'arriver et ne connais rien au pays, mais le marché m'inspire malgré tout des pensées sombres. D'autant que les destructions par les bulldozers ont continué, ajoutant à la désorganisation et aux difficultés des gens. Françoise parlemente à chaque achat, en mêlant français et arabe, car la plupart des marchands sont musulmans. Elle m'explique que les grossistes sont quasiment tous musulmans alors c'est plus dur pour les chrétiens de devenir commerçants. 

     Voilà voilà où j'en suis. Et c'est donc demain que je pars dans le Guéra (la province de Mongo, et Bitkine aussi) et j'ai hâte de découvrir les gens et les lieux où je vais passer cette année! Ann-Laurence et Claire sont bien arrivées hier et moi, je serai dans la voiture avec Annick, ici à la maison depuis quelques jours aussi. C'est une jeune tchadienne "pré-candidate" pour devenir sœur auxiliatrice. Elle vivra avec nous à Mongo et une autre tchadienne également, Kamissé, qui nous rejoindra plus tard car elle fait aujourd'hui même ses vœux (d'entrée dans la communauté des sœurs) à Yaoundé au Cameroun. Nous serons donc 5: les deux sœurs françaises, les deux tchadiennes et moi! 
     J'en ai profité pour écrire ces derniers jours comme je n'avais pas beaucoup à faire en attendant le départ pour Mongo, et qu'en plus internet fonctionnait mais je ne sais pas quand je pourrai donner des nouvelles maintenant et je n'aurai sans doute pas le temps pour décrire autant, car les premières filles arrivent au foyer lundi (le 17) et il y a du boulot!! J'espère que vous allez tous bien et je vous envoie du soleil du Tchad!
Par Yvanne
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Mardi 11 septembre 2007
            Le lendemain de mon arrivée, mon premier jour sur le continent africain, c'était dimanche. Claire me réveille à 6h45 pour aller à la messe. En semaine, il y en a une à 5h30, avant que les gens n'aillent travailler. En fait, tout est décalé: on se couche et on se lève tôt. Et finalement, pour l'instant c'est plus dur pour moi de m'endormir dès 21h30 (le groupe électrogène de la maison s'arrête et il n'y a pas grand-chose à faire ensuite) que de me lever vers 6h30.
            Nous sommes donc parties à pied à l'Eglise, ce qui nous a fait traversé le quartier, sur une piste de terre battue entre des rangées d'habitations, la plupart en potopot (à base de terre) avec des gens partout et beaucoup d'enfants. Je me sens observée! C'est plutôt de la curiosité, certains nous disent "bonjour ma sœur" (ce qui m'amuse beaucoup quand ça s'adresse à moi!), après la messe des enfants viennent nous serrer la main. Les gens ne sont pas agressifs me dit Claire, il suffit de toujours leur sourire et de les saluer.
            La piste est un peu défoncée à cause des pluies récentes, et il y a des tas d'ordures sur les côtés, quelques cochons qui y fouinent, des poules aussi un peu partout, et des gens passent à vélo ou en moto.
            Près de 2500 personnes sont présentes à cette messe en plein air; et Claire et moi sommes les seules blanches, avec le prêtre. Les gens de la paroisse sont organisés en "communautés" pour animer la messe à tour de rôle et les chants sont dans plusieurs langues, mais comme les gens battent le rythme avec les mains, c'est une façon pour moi aussi de participer malgré tout sans chanter!
            L'après-midi nous sommes allées avec les 2 sœurs mexicaines et Akané, une japonaise qui va rester à N'Djamena un an, faire une balade le long de la route et du fleuve Chari. Nous croisons un groupe d'enfants qui nous accueillent très joyeusement avec des "Lalé! Lalé!" ("bonjour" dans une langue du Sud du pays, celle des Sara, l'ethnie la plus nombreuse au Tchad). Leurs sourires sont magnifiques mais ils jouent près de détritus et leurs habits comme les maisons autour sont très modestes; je ressens un pincement de cœur.
            Comme c'est la saison des pluies, les berges du fleuve sont très vertes et la vue est belle. Sur la route, ça n'arrête pas de défiler: des vélos, des motos, des voitures en tout genre, certaines avec des galeries remplies d'une hauteur égale à la voiture elle-même, des taxis jaunes, des mini-bus surchargés avec des gens entassés à l'intérieur et le bruit incessant des klaxons!
            Akané me montre aussi le jardin de la maison: ma chambre est en face de papayiers, goyaviers, manguiers…!!
           
            Lundi, nous sommes parties en ville à 2 voitures avec Claire, Ann-Laurence, Evelia et Eleonore faire les nombreuses courses nécessaires pour préparer le voyage qu'elles font demain vers Mongo et Bitkine. Finalement je ne partirai là-bas que jeudi avec d'autres personnes car les routes sont mauvaises à cause des pluies et il faut que quelqu'un vienne les aider à passer à un endroit, ce qui fait qu'il lui faut une place ensuite dans une des deux voitures pour revenir sur Mongo avec elles. Enfin bref, l'organisation et la logistique c'est extra-compliqué ici j'ai déjà pu le constater, et heureusement qu'il y a les portables pour se coordonner avec les gens à Mongo!
            Je ne vais pas rentrer dans les détails de notre périple en ville, qui a duré de 8h à 14h mais c'était ubuesque!! Juste quelques impressions parmi tout ce que j'ai vu: les femmes qui portent sur leur tête des paquets énormes ou bien des grands paniers de fruits ou autre, les enfants qui proposent diverses marchandises à chaque arrêt de la voiture, les militaires un peu partout qu'il ne faut pas trop regarder et surtout pas doubler, la circulation dense et complètement désorganisée qui nécessite toute la concentration de celui ou celle qui conduit (la seule règle que j'ai pu remarquer et qui est à peu près respectée c'est la priorité à droite aux ronds-points), les affiches ou les inscriptions sur les murs: "Soyons propres; l'hygiène c'est la santé", "Préservatifs 'Prudence': pour décoller en toute sécurité" ou encore "Ne lève pas la main sur ton professeur, ton avenir dépend de lui".
            Entre autres, nous passons au marché, une gigantesque étendue avec de multiples stands touche à touche, où l'on trouve de tout, avec une foule de personnes. J'avais suivi Eleonore et Evelia à ce moment-là pour m'acheter un boubou (vert, magnifique, qu'Eleonore m'a aidé à négocier), mais Ann-Laurence et Claire nous racontent ensuite que des bulldozers sont arrivés près de l'endroit où on avait stationné, apparemment sur ordre de la mairie, pour détruire les petits locaux que les marchands occupent avec leurs étalages. Ils en ont rasé plusieurs, sans prévenir les gens, alors que ces derniers ont payé pour pouvoir être là. Mais ils ne protestent pas contre la façon dont on les traite…
            Nous passons devant la grande Mosquée de N'Djamena, devant de nombreux ministères et devant le palais présidentiel. Dans cette rue, il ne faut surtout pas s'arrêter car les militaires qui le gardent sont assez nerveux et comme la situation politique est sensible, ils nous tireraient dessus.
            Nous passons également à la procure, c'est-à-dire l'économat du diocèse de N'Djamena; et bien sûr au service voyage: ça y est je suis enregistrée, j'ai tout les tampons officiels qu'il faut!
            Le soir, alors que j'essaye de dormir depuis une heure, je réalise ce que la saison des pluies signifie. Ca commence par des éclairs de chaleur toute la soirée, puis de plus en plus rapprochés (presque comme un stroboscopeJ) et ensuite on entend un vent très fort dans les arbres puis soudain des trombes d'eau tombent, avec un vacarme incroyable sur le toit.
 
            Pour les aspects pratiques, la maison des sœurs ici est très jolie et propre (même pas de cafards dans les toilettes la nuit J), elles ont un puits et tout un système ce qui permet de boire l'eau directement sans risque. Jusqu'à présent je me suis régalée aux repas, il y a non seulement la quantité mais en plus c'est très bon; on a même préparé du poisson frit, un gâteau au chocolat et Claire a aussi fait des nems! La douche froide, ça ne pose aucun problème, c'est même plutôt le bonheur tellement il fait chaud; et la sieste j'y ai déjà pris goût car je suis mieux dans mon lit que dehors durant ces heures-là!
Par Yvanne
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Lundi 10 septembre 2007
Le jour du départ je me suis réveillée un peu nerveuse. Pourtant la veille je m'étais endormie plutôt sereine, en pensant: je pars heureuse (de ma vie en France, de toutes les personnes merveilleuses que je connais et qui m'ont témoigné des belles choses avant le départ) ET je suis heureuse de partir!!
A l'aéroport je retrouve les 2 sœurs avec qui je vais habiter à Mongo: claire et anne-laurence, très sympas et dynamiques; nous avons des discussions intéressantes en attendant le vol. Il y a aussi deux sœurs mexicaines, Evelia et Eleonore qui seront à Bitkine, à 60km de Mongo. Je vais pouvoir me remettre à l'espagnol J
Puis, c'est le décollage! Aperçu du désert au-dessus de la Tunisie, les débuts du Sahara, grâce à un ciel dégagé. Plus tard, un magnifique coucher de soleil sur une mer d'épais nuages cette fois.
En arrivant, c'est étrange de survoler une capitale plongée dans l'obscurité, quasiment sans lumière. Très peu de foyers ont l'électricité et lorsqu'il y a des lampadaires dans les rues, ils ne fonctionnent pas forcément.
En me dirigeant vers la sortie de l'avion, je retrouve aude et thibaud, deux autres volontaires DCC qui vont rester 2 ans à N'Djamena et nous respirons ensemble les premières bouffées d'air tchadien J On ressent une vague de chaleur très moite; c'est encore la saison des pluies.
Nous sommes assaillis par les moustiques pendant l'attente pour le contrôle des passeports puis la récupération des bagages mais ça y est, je suis au Tchad!!
Christine, la supérieure des auxiliatrices à N'Djamena nous attend, et nous conduit jusqu'à la maison des sœurs, dans le quartier d'Abena.
Après plusieurs verres d'eau nous allons nous coucher. Je ne peux pas m'empêcher d'inspecter ma chambre avec la lampe torche et j'écrase soigneusement 2 araignées!
Puis je m'endors avec les bruits des multiples insectes à l'extérieur, des battements lointains d'un jambé, de la musique et de chants dans une fête toute proche, et de quelques véhicules. Je fais enfin l'expérience, tant entendue raconter par d'autres, d'une ville africaine qui ne dort jamais!
Par Yvanne
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Vendredi 7 septembre 2007
Ca y est, après des semaines de préparation, je suis partie de Nantes hier matin, et il ne reste plus qu’une journée avant le grand envol pour le Tchad demain samedi à 15h55 – arrivée à N’Djamena à 20h45.

 

Dans l’avion il y aura ma partenaire, Claire Chaux, la directrice du foyer où je vais travailler, qui était revenue en France pour l’été, et deux autres volontaires que je connais et qui resteront à la capitale pour leur coopération de 2 ans. Donc je ne suis pas perdue !

Après quelques jours à N’Djamena, nous partirons avec Claire Chaux pour Mongo, la préfecture de la province du Guéra, au centre du pays, une ville d’environ 20 000 habitants où je vais passer toute cette année qui commence !

 

Voilà pour ce dont je suis sure, ensuite il y a aussi beaucoup de choses plus floues ou moins prévues ; il paraît qu’en Afrique il faut être souple de toutes façons ! Une grande place pour l’improvisation et la rencontre, ça me va très bien. J’aime beaucoup les mots de Jacques Lacarrière : « Voyager c’est oser l’Autre », alors c’est parti pour l’aventure !!

 

Même si je suis ravie de partir, bien sûr je le suis moins de ne plus vous voir. Merci pour tous vos petits messages-emails etc… même si je n’ai pas eu le temps de répondre à tous ça m’a fait très plaisir, ainsi que de pouvoir passer des bons moments et dire au revoir à tous ceux que j’ai pu croiser ces dernières semaines.

 

Mon adresse là-bas, concise et facile ! : Communauté des Sœurs Auxiliatrices (elles ont un site d’ailleurs si ça vous intéresse) BP 8 Mongo Tchad.

Je ne sais pas combien de temps les courriers mettent pour arriver. Mais une astuce pour les colis : mettez dans le contenu « Porc », « Saucisson (porc) » ou encore « Sous-vêtements » pour augmenter les chances qu’ils ne soient pas ouverts (le Tchad est un pays à majorité musulmane, et dans la région où je vais ça concerne 95% de la population)

 

Je pars avec un ordinateur portable (Anne, tu es bénie jusqu’à la 5e génération !) et j’essaierai donc de vous raconter mes aventures de temps en temps. 

 

On nous a prévenu qu’apparemment la courbe du moral des volontaires quelque soit la destination connaît un très sérieux flop au bout de 3-4 mois, alors ne m’oubliez surtout pas de novembre à janvier J

 

Maintenant, y a plus qu’à y aller : Yalla yalla J

 

Je vous embrasse,

Yvanne

Par Yvanne
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